Kronk Gym

L’histoire de la boxe à Detroit implique une petite communauté qui avait affaire dans un centre récréatif de boxe situé à quelques miles du centre-ville. Ceux qui pensent, au tout début, que le Centre se retrouvait dans l’apogée de sa gloire se trompent royalement. Le Centre Récréatif du Kronk Gym, occupé par les conseillers municipaux de Detroit, est un immeuble à deux-étages bâties dans un secteur décrépit et qui contient dans son sous-sol, le légendaire Kronk Gym.

 

En y mettant les pieds pour la première fois, on constate à vue d’œil que le Gym n’a rien pour nous ébahir : un ring de boxe, plusieurs sacs de sable, et quelques speed bags. Mais depuis ces jours, le Gym a produit plus de 50 champions de boxe amateur, au-delà de 30 champions du monde de même que 3 médaillés d’or Olympiques.

« Les gens étiquettent la ville de Détroit comme étant une ville de boxe. Je ne le perçois pas comme cela. Je le vois plutôt comme faisant partie de la ville de Kronk. Detroit est une belle ville de sport, mais elle n’a jamais été une grande ville de boxe, bien que ce soit l’image qu’elle projette au-delà des combattants du Kronk. » a fait mention le fondateur du Kronk Gym, Emanuel Steward.

 

Bien entendu, l’héritage de la boxe à Detroit, précède dans une certaine mesure, l’implantation du Kronk. Joe Louis, un résident de Detroit (il est né à Alabama), représente une des figures les plus dominantes de la boxe. Il a été champion du monde des poids lourds de 1939 à 1950, peu de temps après que la boxe fut agréée aux États-Unis. Âge de 12 ans, il apprit à boxer dans un Gym de Detroit sur la Rue Brewster, mais il livra la plupart de ses combats à Chicago, là où son promoteur exerçait ses fonctions. Une fois devenu champion de monde, il ne défendit son titre que deux fois à Detroit. Néanmoins, la présence de Louis se fit sentir lorsqu’il y eut mis là, son titre en jeu. En mémoire de cet illustre boxeur, tous les matchs à domicile des Red Wings de Detroit se jouent au Joe Louis Arena. De plus, une sculpture de Joe Louis se situe dans le centre-ville, au croisement des rues Woodward et Jefferson.

 

Kronk Emanuel StewardSteward s’établit au à Kronk en 1971, en tant que coach à temps partiel pour le programme récréatif de boxe de même que pour les boxeurs en développement. Les amateurs formés sous la gouverne de Steward devinrent pros. Hilmer Kenty, natif d’Austin au Texas, mais qui adopta ce Gym de Detroit, s’empara de la ceinture WBA des poids légers, en battant Ernesto Espana. Par cette réalisation, il s’avéra le premier champion mondial depuis l’avènement du légendaire Joe Louis. Ainsi de suite, d’autres grands champions de renom fréquentèrent de manière assidue le Gym, dont le célèbre boxeur « The Hitman » Tommy Hearns. Ce boxeur qui vit le jour à Memphis, au Tennessee, remporta des titres majeurs dans cinq divisions de poids différentes. Hearns est l’un de ceux qui a apporté la plus haute notoriété au Kronk Gym.

« Le succès vient des combattants qui mettent les gants et qui interagissent bien entre eux, tout en donnant un bon spectacle. Ils font remuer la foule ce qui les motivent encore plus. De manière coutumière, on se lance des challenges. Ces compétitions qui se jouaient à deux sur le ring attirait toujours un grand public, » a dit Hearns qui, à travers sa carrière, a mis la main sur sept titres.

 

Kronk Gym StewardUne autre raison du succès au Kronk Gym réside par l’atmosphère unique que l’on y retrouve, où chaque combattants s’entraident mutuellement dans un esprit de fraternité.

« Les combats sont plus durs au Gym que dans les vrais combats. On a au Gym d’excellents combattants, et un bon nombre d’entre eux ne sont pas devenus champions, » cita Milton McCrory qui devint le premier boxeur de Kronk natif de Detroit à s’accaparer le titre WBC des mi-moyens en 1983.

« Je pense qu’Emanuel a apporté un contribution spéciale pour la boxe. Il a créé un lieu propice pour les boxeurs amateurs décidant de faire le saut chez les professionnels. On ne voit pas cela partout. Je ne pense plus qu’on l’on retrouvera cela éventuellement. Quand j’ai me suis intégré à l’équipe du Kronk Gym, tout le monde provenait du même voisinage et il n’y avait qu’un petit nombre de boxeurs qui provenaient de l’extérieur de l’État. La compétition était extraordinaire. J’ai monté sur le ring contre des boxeurs amateurs possédant un bon coup de poing. Parfois j’ai été contraint d’accrocher mes partenaires du ring, mais pas trop souvent » révéla William « Caveman » Lee, un boxeur du Kronk, qui affronta Marvin Hagler pour le titre des poids poyens en 1982 (il avait perdu au 1er assaut).

 

Le Kronk continua à produire des champions durant les années 1990. Mais un peu plus tard, la boxe aux États-Unis allait connaître une période creuse avec le déclin de la proéminence des boxeurs Américains. À Detroit, le Kronk avait récemment un champion, soit Cornelius Bundrage, qui avait défait Cory Spinks au Scottrade Center, en août 2010, pour la ceinture IBF des poids moyens.

« Je souhaite que le Gym allait rester ouvert. On y créé beaucoup de liens. Les gens veulent représenter une partie intégrante du Gym. Quand tu as boxé dans le vieux Kronk, tu n’as jamais besoin d’avoir un manager. Le Gym reçoit des appels de un peu partout à travers le monde. Le téléphone du gym retentit fréquemment, » révéla Bundrage.

 

Steward HearnsLa boxe à Detroit comme partout ailleurs, a connu des moments durs. Certains jeunes se sont afflués pour mélanger les arts martiaux à l’UFC. Il n’y a pas eu de combat majeur à Detroit depuis l’année 2000, lorsque Mike Tyson affronta Andrew Golota au Palace of Auburn Hills, au Michigan.

 

Showtime acheta une carte pour diffuser un gala au Joe Louis Arena au début de l’année 2011. La seule raison pour laquelle ce combat eu lieu sans cette région de Detroit consistait au fait que les dirigeants de l’emplacement du Silverdome in Pontiac, au Michigan, voulaient mettre sur pied un événement d’importance pour remplir leur bâtiment en vue de se bâtir progressivement d’atteindre d’accroître leur prospérité. Ce fut une bonne initiative puisque le combat tant attendu se fit devant à peu près 18 000 personnes.

« L’ampleur et le succès de cet événement nous permettra d’avoir d’autres combats aussi importants. Si on peut y implanter quelques gros combats dans une année, ce serait une bonne chose. Nous avons des cartes impliquant de modestes combattants presque à chaque semaine. Ce n’est pas comme si la boxe était morte ici contrairement à l’opinion publique. » –Wolfgang Mueller.

 

Si originairement, le Kronk n’a jamais projeté à vue d’œil l’image d’un centre éblouissant, c’était encore pire, il y a de cela quelques années. Ce vieil immeuble fut contraint de fermer ses portes en 2006, car il n’était plus rentable, mais depuis quelques années, le centre offrit de nouveau son aide aux boxeurs. Aujourd’hui, quelques fenêtres sont barricadées, d’autres manquantes et l’immeuble est recouvert de graffitis.

 

Krock HearnsIl y a un nouveau Kronk maintenant, quelques miles plus loin, à l’ouest sur Warren Avenue, dans un quartier où un bon nombre de magasins se retrouvaient dans une situation peu lucrative. Dès lors, le Kronk ne se situe plus dans un sous-sol. Il est plus esthétique que l’ancien Gym, mais encore là, il n’est pas un tape-à-l’œil : il renferme un ring, quelques sacs de sables, des poids et haltères et une minuscule salle de bain avec un signe sur la porte indiquant : « Do not use » (Ne pas utiliser). Mais l’histoire demeure ancrée, grâce aux dévoués photographes du Gym, des nombreux champions et des cartes de boxe qui suivent la tradition du Gym original.

«  Les gens pensent que Detroit est une mauvaise ville. Quand j’ai triomphé, cela a montré au monde entier qu’on peut tout faire, si tu t’investis à fond. »Thomas Hearns

Le Kronk Gym a donc rendu ses aspirations possibles.