Wild Card Gym

Le Wild Card Gym, situé tout près des intersections de Santa Monica et Vine, à Hollywood, est le genre d’endroit où aucun athlète professionnel digne de ce nom se présenterait volontiers en ce lieu. On y retrouve, là, plusieurs grandes pièces avec un ring, un nombre considérable de sacs de frappe suspendus et une salle de bain peu entretenue. Comme c’est le cas à chaque jour sous la chaleur accablante à Los Angeles, le Wild Card Gym accueille habituellement tout près de 50 combattants et entraîneurs qui s’entassent tous les uns des autres. N’essayez pas de vous faire une idée à propos des odeurs. Croyez-le, les boxeurs à cet endroit n’accordent aucune importante au maintien d’une quelconque hygiène.

 

Pour tout dire, les 25 joueurs qui représentent une équipe exécrable de baseball dans les grandes ligues, ne n’oseraient même pas fréquenter à tout bout de champ ce Gym pour sûr. Il n’y a pas de casier en bois de cerisier ou bien un gros écran de télé ou bien même encore d’une piscine se détendre. Le Wild Card Gym, géré par le légendaire entraîneur Freddie Roach, se situe au 2e étage, d’un centre commercial en forme du U au design très ordinaire.

 

L’aire de stationnement se retrouve en arrière du Gym et pour s’y rendre, on doit franchir un petit tunnel situé au rez-de-chaussée du bâtiment. Son coût est de 5$ la journée et de 50$ pour la totalité du mois. Un boxeur amateur ou professionnel licencié peut cheminer à ce Gym pour la modique somme de 25$ par mois. Un coup sur les lieux, parvenir à suivre toutes les formes de langage dans ce Gym demande sans aucun doute des aptitudes démesurées, mais encore là, la norme la plus importante dans ce lieu de conditionnement est d’arriver à composer avec ce type d’air repoussant.

 

Pacquiao RoachC’est à ce lieu que Manny Pacquiao, un des plus gros noms du sport et un des plus riches combattants de la boxe, s’entraîna lors des semaines précédant ses gros combats. Alors que certains fans s’y sont présentés, pour l’accueillir avec toute son équipe et qui à peine reçu un second regard de la part de la majorité des résidents du milieu de la boxe, il paraissait toutefois amusant de voir l’incongruité de la scène. Un gars affilié à la compagnie Nike s’était présenté là avec des boîtes contenant une collection de vêtements portant la signature de Manny, et la première chose que « Pacman » a fait en jetant un coup d’œil dans la boîte est de signaler son accord au type de faire sortir les boîtes de la van :

« Toutes les grandeurs, » exigea le représentant, faisant ainsi de cette grande vente un bel engouement pour les membres de l’équipage et fans de Pacquiao.

 

Mais enfin, ces commerçants virent à bout de terminer leurs affaires après une durée trois heures (soit durant l’entraînement de Manny), et l’odeur nauséabonde du Gym s’accentua ; raison pour laquelle les assistants de ce milieu virent la nécessité de nettoyer quelque peu les lieux.

 

La plupart des athlètes qui évoluent au Wild Card’s Gym sont de jeunes réfugiés de partout, eux qui veulent saisir une quelconque opportunité de recevoir leur plus gros jour de paie. Pour leur part, la plupart des gens plus avancés en âge que sont les entraîneurs ont plutôt l’air d’exemple à ne pas suivre. Ils partagent l’expérience de leur ancienne profession visuellement en tenant leurs mains bien en avant de soi tout en marchant à travers la salle surpeuplée, en se vivifiant eux-mêmes, pour maintenir élevé le rythme auquel doivent s’adonner les boxeurs. Pour ce qui est des entraîneurs plus âgés, malgré leur côté un peu plus chancelant, cela ne les empêchent pas de marmonner des conseils aux jeunes assoiffés du métier, qui en face de leur sac de frappe, répondent admirablement d’un simplement hochement de la tête.

 

Mickey RourkeL’acteur Américain et ancien boxeur, Mickey Rourke a fréquenté le Wild Card durant une brève et ignominieuse carrière de boxe professionnelle. Si on se fit aux centaines d’extraits publiés dans les journaux à son sujet en tant que boxeurs, il n’est donc pas faux de sous-entendre que Rourke était tout de même bien représenté. Roach, un de ses amis de longue date que l’on peut reconnaître avec ses lunettes à bordures noires griffées Oakley, rejeta d’un signe de la main toute la vague de publicité dont son collègue bénéficiait.

« Je l’aime bien, mais je n’ai pas à me vanter du fait que je l’entraîne. »

 

Mais ensuite, au moment où Roach s’apprêtait à faire un appel dans son bureau, une situation hors de contrôle bousilla momentanément ses plans. Un jeune combattant russe, qui peinait à s’exprimer en anglais, tentait par tous les moyens de faire comprendre à l’ancien champion poids lourds, Michael Moorer, qu’il ne se sentait pas bien et qu’il envisageait de renoncer à son entraînement de la journée.

 

Michael MoorerMoorer, qui à son apogée avait dépouillé Evander Holyfield de ses titres WBA et IBF, était maintenant l’assistant entraîneur de Roach. Son approche vis-à-vis les boxeurs se fait toujours d’une manière consciencieuse. Il a dit au jeune qui était au bord des larmes :

« Tu es un brave homme. Si tu es malade, tu ne seras pas en mesure de bien faire ici. »

 

Le jeune type hocha de la tête, mais Moorer ne faisait que débuter ses allégations.

« Tu te dois d’être méchant, malpoli et rude, » ordonna Moorer. « Tu ne te présentes pas ici dans l’intention d’être un type gentil. Tu es là pour botter le cul de tes adversaires. Tu peux être jovial quand tu quittes le Gym, mais quand tu te retrouves ici, c’est une autre affaire. »

 

En réponse à cela, le combattant tendit et serra la main de Moorer. Il demeura sans mots. Ce n’était pas clair de savoir jusqu’à quel point il avait compris les conseils.

 

Alex ArizaMais enfin, Moorer avait l’air satisfait de la tournure des choses et pour célébrer, il alla dans son bureau (un petit cabinet de travail), et il revint de sa pièce en tenant dans ses mains une tarentule qui avait la taille de son poing. Il se dirigea alors vers Alex Ariza, le préparateur physique de Pacquiao et il lui nota une arachnophobie. En l’espace de quelques secondes, Ariza apeuré força à Moorer de garder ses distances en lui assénant quelques coups de pied sur les jambes de l’ancien Champion. Mais Moorer, aussi sadique qu’il peut en laisser paraitre, ne voulait rien savoir et il continua d’agresser amicalement  son collège de travail en effleurant le visage d’Ariza à l’aide de jab, alors que sa main renfermait l’araignée, allant même jusqu’à le menacer qu’il était sur le point de laisser tomber l’araignée sur son compagnon. Pendant ce temps, le reste de membres associés au Gym continuèrent leur boulot sans accorder une attention démesurée sur ce qui était en train de se passer.

 

Roach, lui-même, est un type remarquable. Il s’est spécialisé dans le télémarketing après avoir annoncé son retrait de la boxe. Le fait qu’il soit devenu un entraîneur aussi qualifié a été le fruit de circonstances hasardeuses, alors qu’il avait des liens d’affaires avec Mickey Rourke. Cet artiste, qui avait ultérieurement acquit la propriété dans le but de mettre sa carrière de boxe professionnelle sur les rails, légua, par la suite, les commandes du Wild Card Gym à Freddie Roach.

 

Freddie Roach St-PierreDepuis plusieurs années, Roach (53 ans) est atteint de la maladie de Parkinson, mais cela ne l’a pas empêché récemment de s’impliquer entièrement dans préparation de Pacquiao, alors qu’il a astreint le Philippin à effectuer, avec lui et sans répits, 15 rounds de mitaines. Son élocution n’est plus ce qu’elle était, mais ses propos demeurent toujours compréhensibles.

 

Connu sous le nom de « The Choir Boy ». Natif de Dedham, au Massachusetts, Roach a eu à son actif, 150 combats amateurs et 52 combats professionnelle. Et là arrive le côté cruel de cette affaire : Les 182 combats et d’entraînements sans le moindre relâchement expliquent pourquoi les professionnels de la santé lui ont diagnostiqué la maladie du Parkinson. Et maintenant Roach bat ses effets débilitants en restant actif en tant que formateur dans le ring. La cause de la maladie est devenue maintenant une forme de thérapie.

 

Voici en quelques lignes ce qu’il faut de savoir à propos de Freddie : il y avait un type approchant la trentaine et qui avait perdu l’usage d’un œil, portant le nom de Shane Langford. Celui-ci vivait dans le Gym et qui s’assurait de son entretien. Langford avait fait son chemin jusqu’en Californie avant de perdre entièrement sa manière d’être. Selon les propres dires de Roach, Shane vivait « à l’extérieur » du Gym, avant de commencer à faire sentir sa présence dans le Gym. À l’extérieur, dans ce cas, signifie qu’il utilisait l’espace entre les bennes à ordures dans l’aire du parking comme « chambre à coucher ».

 

Shane s’est alors mis à traîner dans le Gym et Freddie lui a alors désigné quelques tâches. Nettoyer ici et là, faire des commissions, etc.. Freddie voulait s’assurer qu’il pouvait lui compter sur lui et quand il en eut la certitude, il lui a de bon gré offert une vraie chambre à coucher de même qu’un travail permanent.

 

Freddie se voit toutefois contraint de veiller au comportement adéquat de Shane. Il a dut notamment intervenir, alors que Langford riait sans retenu à propos d’un incident malheureux. Mais globalement, Roach est fier du jeune.

« Il habite sous les toits du Gym depuis six ans et maintenant, il pense jouer le rôle important ici, » nota Freddie.

 

Freddie après un clin d’œil se mit à rire :

« Shane ne dirige pas la place; en fait, c’est plutôt difficile de spécifier le rôle de chacun ici. Tout ce que je peux dire, c’est que le Wild Card est repose sur les espoirs, sur les rêves et à l’unique capacité des donner aux gens de la rue, une raison de continuer à avancer. »